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La maladie d’Alzheimer

Cette maladie désigne la dégénérescence progressive et irréversible des neurones.

Très redoutée, elle représente 50 à 80 % des cas de démence, et provoque des troubles de la mémoire, de la pensée et du comportement.

Cette maladie concernerait 900 000 personnes en France et serait la 4ème cause de mortalité.

Et avec le vieillissement de la population, elle risque malheureusement d’avoir encore de beaux jours devant elle.

La maladie d’Alzheimer

Qu’est-ce que la maladie d’Alzheimer ?

Appelée autrefois « la maladie de la mémoire », elle a été mise en évidence pour la première fois par Aloïs Alzheimer, neurologue allemand qui lui a donné son nom. Elle se manifeste d’abord par des troubles de la mémoire car ce sont les neurones situés dans la région de l’hippocampe - siège de la mémoire – qui sont en premier lieu touchés. Ensuite, d’autres zones du cerveau sont atteintes, entraînant peu à peu des troubles du langage, de l’humeur, du comportement et de la coordination.

Si les causes exactes de la maladie demeurent encore aujourd’hui inconnues, le processus de dégénérescence des cellules qui la caractérise s’expliquerait par deux phénomènes :

  • d’une part, l’accumulation d’une protéine au sein des neurones, appelée protéine tau. En excès, elle provoque une désorganisation de l’assemblage des neurones et conduit à leur destruction appelée "dégénérescence neurofibrillaire" ;
  • d’autre part, l’accumulation d’une autre protéine, la bêta amyloïde, qui entraîne la formation des plaques amyloïdes ou "plaques séniles" visibles dans le cerveau des malades. La progression de ces plaques expliquerait le ralentissement des fonctions cérébrales et les différents symptômes évolutifs de la maladie.

Quels sont ses symptômes ?

Même s’ils ne sont pas nécessairement liés à la maladie d’Alzheimer, 10 signes doivent particulièrement alerter :

  • Les « trous de mémoire » affectant la vie quotidienne : les souvenirs touchés en premier concernent le passé récent, les faits plus anciens étant touchés dans un deuxième temps.
  • Les difficultés à exécuter les gestes habituels (conduire, faire la cuisine, faire ses courses ...).
  • Les troubles du langage (difficultés à composer des phrases longues et construites, vocabulaire restreint ou inapproprié, entraînant des problèmes de compréhension pour l’entourage).
  • La désorientation dans le temps et l’espace : le plus souvent, le patient ne sait plus où il habite, s’égare dans sa maison, perd la notion de l’heure, des dates et des chiffres.
  • La difficulté à réaliser des actions abstraites (formalités administratives, gestion budgétaire, rédaction d’un chèque ou composition d’un numéro de téléphone…).
  • La perte d’objets : la personne place des objets courants dans des endroits inattendus (ex. : un bijou dans le réfrigérateur) et ne parvient plus à les retrouver.
  • Le manque de discernement : le malade n’arrive plus à évaluer les situations, ce qui l’amène à adopter des comportements inadaptés (ex. sortir légèrement vêtu par temps froid ou trop se couvrir par temps chaud…).
  • L’apparition de nouveaux comportements, variables d’une personne à l’autre :
    - gestes répétés ;
    - manifestations d’anxiété ;
    - plus forte irritabilité ;
    - va-et-vient incessants ;
    - troubles du sommeil ;
    - excès d’émotions ;
    - agitations.
  • Une démotivation générale (même pour les anciennes passions).
  • Les changements d’humeur et de personnalité : au fur et à mesure du développement de la maladie, le malade perd le contrôle de son “moi”. Il se renferme sur lui-même, devient rapidement insociable et change de personnalité (ex. excès de jalousie, exubérance soudaine…).
L’évolution de la maladie d’Alzheimer peut s’échelonner sur 3 à 20 ans et l’ampleur des dommages varie fortement d’une personne à l’autre. Certaines continuent à vivre normalement durant de nombreuses années, tandis que d’autres souffrent d’une dégénérescence rapide pouvant aller jusqu’à la perte totale d’autonomie (toilette, repas…). Quelle que soit l’avancée de la maladie, les patients conservent toutefois certaines fonctions intactes comme l’ouïe, le toucher et la capacité à réagir aux émotions.

Quels sont les principaux facteurs de risque ?

Il semblerait que la maladie d’Alzheimer ne résulte pas d’un facteur de risque en particulier, mais de l’interaction de plusieurs d’entre eux, notamment :

  • L’âge, facteur de risque prépondérant. La maladie d’Alzheimer survient très rarement avant l’âge de 65 ans.
  • L’hérédité : le risque de développer la maladie est en moyenne multiplié par 1,5 si un parent du premier degré (parents, frère, sœur) est touché. Il est multiplié par 2 si au moins deux le sont.


D’autres facteurs environnementaux sont également avancés, mais leur rôle dans le développement de la maladie est à ce jour mal connu. On peut notamment citer :

  • des facteurs de risque cardio-vasculaires (diabète, hypertension, hyperlipidémie) ;
  • la sédentarité ;
  • les chocs à la tête : les personnes ayant subi des blessures à la tête dans leur jeunesse se trouveraient plus exposées à un développement de la maladie d’Alzheimer que les autres ;
  • des anesthésies répétées ;
  • la trisomie 21 : les personnes atteintes de trisomie 21 âgées de plus de 40 ans seraient plus exposées à la maladie d’Alzheimer que les autres.


A l’inverse, certains facteurs joueraient un rôle protecteur :

  • les activités cérébrales : avoir fait des études, avoir une vie professionnelle stimulante au plan intellectuel et une vie sociale riche retarderaient l’apparition des premiers symptômes et limiteraient leur gravité ;
  • la consommation de caféine diminuerait le risque de développer la maladie.


Enfin, si les femmes sont plus exposées que les hommes (sur 25 malades, 15 sont des femmes), cette différence pourrait être liée au fait que leur espérance de vie est supérieure à celle de leurs homologues masculins.

Le diagnostic médical de la maladie d’Alzheimer

Dès l’apparition de premiers signes évocateurs de la maladie, il est important de consulter son médecin qui, seul, pourra poser le diagnostic. Ce dernier est parfois difficile à établir et nécessite du temps, d’autant qu’il n’existe pas de test de dépistage unique. Le diagnostic repose en particulier sur l’association :

  • de signes cliniques ;
  • de tests des fonctions cognitives et de tests neuropsychologiques qui permettent notamment d’écarter d’autres problèmes pouvant entraîner des symptômes similaires à ceux de la maladie d’Alzheimer (dépression par exemple) ;
  • d’une ponction lombaire permettant de mesurer le niveau de certains marqueurs biologiques ;
  • de l’imagerie cérébrale. L’IRM permet en particulier de détecter des anomalies cérébrales liées à la maladie (réduction du volume du cerveau et atrophie de l’hippocampe notamment).

Les traitements existants

Les médicaments

A l’heure actuelle, aucun traitement ne permet de guérir la maladie d’Alzheimer. Les médicaments actuellement sur le marché retardent l’évolution des symptômes. Leur action empêche la destruction des neurotransmetteurs qui transportent l’information d’un neurone à l’autre dans certaines régions du cerveau. Ces médicaments peuvent toutefois avoir des effets secondaires (nausées, diarrhées, crampes, bradycardie…). C’est pourquoi les médecins ne les prescrivent pas de façon systématique.

Les approches thérapeutiques non médicamenteuses

En plus de la prescription médicamenteuse, il est primordial de maintenir le malade le plus longtemps possible à son domicile, de stimuler tous ses sens ainsi que ses fonctions intactes afin d’entretenir ses capacités d’autonomie. Les stratégies non médicamenteuses occupent ainsi une place centrale dans la prise en charge des malades. Elles s’appuient sur différentes disciplines : ergothérapie, psychologie, orthophonie, kinésithérapie, médecine douce…

Vivre avec Alzheimer

Les actions pour faciliter le quotidien

Quelques conseils peuvent être utiles aux personnes souffrant de la maladie pour adapter leur environnement :

  • Tout noter sur un carnet particulier à toujours porter sur soi, précisant les rendez-vous ou les tâches à accomplir impérativement chaque jour.
  • Étiqueter les portes, les tiroirs, les meubles, pour identifier et retrouver facilement leur contenu.
  • Garder sur soi des photos de sa maison, de sa rue et de ses proches en indiquant au dos de celles-ci ce à quoi elles correspondent.
  • Demander aux proches de s’assurer régulièrement, en téléphonant par exemple, qu’aucune tâche essentielle n’a été omise.
  • Se faire accompagner dans chaque déplacement et ne jamais hésiter à demander de l’aide en cas de besoin.
  • Prendre son temps pour effectuer les gestes du quotidien, les inscrire dans une forme de routine afin de ne rien oublier d’important.
  • Oser demander aux autres de répéter leur propos car les difficultés de compréhension augmentent avec l’installation de la maladie.


Le rôle clé de l’entourage

Accompagner un proche dans ce type de maladie requiert beaucoup de patience, mais les efforts finissent par être récompensés par les progrès accomplis. Pour aider au mieux le malade, l’entourage devrait ainsi, dans la mesure du possible :

  • éviter de s’énerver, au risque de décourager le malade et de l’inciter à laisser évoluer sa maladie sans lutter ;
  • l’accompagner dans sa vie quotidienne. Il s’agira d’une part, de l’aider à retrouver les bons mots en l’incitant régulièrement à mener des conversations ; d’autre part, de le soutenir dans son organisation, en étiquetant les meubles, en l’accompagnant dans ses déplacements, etc. ;
  • l’aider avec discrétion : les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer présentent généralement une fragilité psychologique ; il est essentiel de veiller à ne pas susciter chez elles des réactions de gêne en public.


Le soutien des associations

De nombreuses associations de patients existent. Il ne faut pas hésiter à entrer en contact avec elles car le partage d’épreuves communes se révèle d’une aide précieuse dans le combat quotidien contre le mal et dans la recherche de solutions adaptées à chaque cas.

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