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Le microbiote intestinal et ses secrets présents et à venir

Vous ne vous en doutez pas, mais vous hébergez tout un monde en vous : votre flore intestinale.

Vivant essentiellement dans ce que l’on appelle le gros intestin, le colon, elle pèse environ 1 kilo et représente une population de 100.000 milliards de bactéries (100 fois plus que toutes les cellules de votre corps).

Le microbiote intestinal et ses secrets présents et à venir

Ces bactéries sont variées, réparties en grandes familles et ont passé un pacte de cohabitation avec le corps qui les héberge : en échange du gîte et du couvert, elles s’occupent de la santé du tube digestif et des défenses immunitaires locales voire même générales. Mais leurs effets vont bien au delà : elles pourraient même avoir de l’influence sur l’émergence ou non de certaines maladies comme le diabète, les maladies cardio vasculaires et même le surpoids !

C’est dire qu’il est important d’avoir une bonne flore et de la protéger. Mais peut-on choisir sa flore ? En fait, elle est prédestinée à être en grande partie ce qu’elle sera toute la vie, quasiment dès la naissance et durant les 2 à 3 premières année de la vie. Elle est en grande partie génétiquement déterminée mais est également sensible à l’environnement.

Tout se joue dans les 2 à 3 premières années

Quand le nourrisson s’apprête à venir au monde, son tube digestif est stérile. Mais il va très vite être colonisé lors de sa sortie car le bébé va avaler au passage un peu de bactéries de la flore vaginale et périnéale de sa mère.
Ce sont ces quelques bactéries qui vont constituer le noyau de sa future flore (en cas de césarienne, ce seront les baisers et le contact avec les bactéries extérieures qui joueront ce rôle – mais la flore sera probablement plus longue à se former).

Ces bactéries vont se multiplier et se diversifier pour former en 2 à 3 ans la flore définitive de l’adulte qu’il sera par la suite. Les petites selles liquides et verdâtres du nourrisson laisseront place peu à peu aux selles brunâtres et bien moulées signant l’existence d’une flore mature et bien installée.
Mais elle sera fragile toute la vie et de nombreux facteurs peuvent la déstabiliser : ainsi, les antibiotiques la détruisent en grande partie pendant quelques semaines, voire quelques mois.
De la nécessité de ne prendre des antibiotiques que si l’on en a besoin, et si possible à spectre très étroit et ciblé.

Bonne flore vaut bonne santé

Avant que l’on ne découvre tout son potentiel, la flore était peu connue et supposée sans grand intérêt. Pourtant de nouvelles découvertes étonnantes la propulsent au rang de deuxième cerveau !

A vrai dire, on sait maintenant qu’elle nous défend des bactéries pathogènes en constituant la première ligne de défense de l’organisme ; elle se nourrit aussi de nos déchets (quelques lipides, glucides et beaucoup de fibres) et en échange libère des gaz, des acides gras volatils nécessaires à la santé du colon, fabrique un peu de vitamine B12 et gère en grande partie l’immunité locale, voire générale (production de certains anticorps).

Elle régule le transit (les patients souffrant de colopathie fonctionnelle ont probablement une flore de mauvaise qualité), communique avec les autres organes (entre autres avec le cerveau) et pourrait jouer un rôle important dans les maladies liées à l’inflammation intestinale (maladie de Crohn) et générale (résistance à l’insuline favorisant l’apparition du diabète de type 2).
Il vaut donc mieux avoir une flore en bonne santé. La génétique y est pour beaucoup, mais l’environnement compte aussi.

L’alimentation influence la nature de la flore

Selon ce que vous mangez, et si vous le faites de façon régulière, vous allez nourrir certaines bactéries plus que d’autres et donc favoriser leur sélection et leur développement.
C’est ainsi que l’on a identifié des flores différentes selon que l’on est grand mangeur de légumes et de végétaux ou grand mangeur de viande ou grand mangeur de produits gras et sucrés.

Les bactéries ne sont pas les mêmes et on pense qu’elles pourraient même être impliquées dans les effets santé résultants de ces différentes manières de manger. Ainsi la flore d’une personne mangeant très mal (trop gras, trop sucré), pourrait contribuer à l’installation de la prise de poids et de la résistance à l’insuline favorisant l’apparition du diabète chez ce type de personne.
A l’inverse, la flore d’une personne mangeant plutôt végétarien pourrait contribuer à la protéger de la survenue de maladies métaboliques et cardio vasculaires.

Manger sain n’est pas seulement une façon d’apporter à son corps tout ce dont il a besoin en nutriments, minéraux et vitamines – c’est aussi une façon de prendre soin de sa flore qui prend soin de notre santé. C’est un effet à rebond !

Les prébiotiques : une autre forme de nourriture de la flore

La plupart des bactéries du microbiote se nourrissent de certains sucres non digestibles qui font partie des fibres alimentaires consommées et qui vont fermenter.
Ces sucres sont les prébiotiques. Il s’agit de l’inuline, des fructo oligosaccharides (les FOS), des galacto oligosaccharides (les GOS) et du lactulose. Ils sont considérés comme ayant un effet bénéfique sur la santé, en contribuant à la « bonne santé » du microbiote intestinale.

Les aliments les plus riches en prébiotiques : ail, artichaut, chicorée, asperge, oignons, poireaux, blé, orge, seigle, topinambour, amandes, pistaches.

Pour cet effet bénéfique, ils sont fréquemment utilisés en prévention ou traitement de petits troubles digestifs. C’est ainsi que l’on trouve des prébiotiques dans certains laits infantiles destinés aux nourrissons ayant des petites « coliques » ou dans certains « yaourts ».
Ils existent aussi en pharmacie sous forme de comprimés de FOS, de GOS ou d’inuline. Il faut y aller progressivement, faute de quoi ils peuvent provoquer des douleurs et ballonnements.

Les probiotiques : des bactéries amies qui peuvent influencer notre flore

La plupart des probiotiques sont des lactobacilles et des bifidobactéries. Ceux ci sont naturellement présents dans le microbiote et ont un rôle à jouer en fonction de leurs activités diverses.
Ils sont répartis en espèces (par exemple Lactobacillus bulgaricus), comprenant des souches (par exemple LB KB290, LB KB291 …) qui diffèrent entre elles comme les frères et sœurs d’une même famille.

Chaque bactérie a des rôles et des fonctions différentes. L’homme en a identifié beaucoup et les a isolé. Il existe ainsi des banques de bactéries dans lesquelles les industriels et les laboratoires peuvent puiser pour se fournir en certaines bactéries correspondant à ce qu’ils en attendent dans leurs produits.

Les probiotiques pourraient stimuler la croissance de bonnes bactéries bénéfiques au détriment de bactéries pathogènes. Ils stimuleraient l’immunité locale intestinale, et peut être même générale. Ils pourraient aussi avoir un effet sur notre santé globale.

On retrouve ces probiotiques dans des produits alimentaires de type yaourts (le « yaourt » classique) et laits fermentés.

On les trouve aussi sous forme concentrée en gélules, en poudre ou en comprimés – vendus en pharmacie et destinés à corriger des troubles digestifs de type ballonnements, gaz, troubles digestifs – ou lors d’antibiothérapie – pour aider au retour d’un transit normal avec une flore plus équilibrée.

Evidemment, l’effet n’est que transitoire car ces probiotiques sont quotidiennement éliminés avec les selles. Donc, s’ils ont un effet bénéfique, ils doivent être consommés régulièrement ou en cures, le temps de corriger le problème.
A noter que certaines levures sont aussi des probiotiques comme Saccharomyces boulardii (Ultra Levure°) et Saccharomyces cerevisiae (Levure de Bière).

L’effet yaourt

Le « vrai » yaourt contient deux ferments : Streptococcus thermophilus et Lactobacillus bulgaricus – à raison de 10 milliards de ferments vivants par pot ! Raison pour laquelle, il est recommandé d’en consommer non seulement quotidiennement, mais aussi en cas de risque de destruction de la flore via la consommation d’antibiotiques. Mangez des yaourts, c’est bon pour la santé – surtout quand ils sont natures.
Toutefois dès que l’on ajoute un troisième ferment (Bifidobactérie, par exemple), il perd le droit à l’appellation yaourt ; il devient un lait fermenté.

Quand et comment prendre des probiotiques ?

Les indications sont nombreuses : lors de la prise d’antibiotiques, en cas de colopathie fonctionnelle, en prévention voire amélioration de certaines allergies, pour retrouver un transit un peu plus serein voire même davantage de tonus.

Les certitudes scientifiques manquent sur l’efficacité de certaines souches plus que d’autres – et ceci se complique quand il s’agit d’agir sur le microbiote d’une personne qui diffère de celui d’une autre personne.
Ainsi, il faut essayer pour voir, en cure d’au moins 1 mois pour voir un effet – et ne pas hésiter à changer en cas d’absence de résultat.
Attention toutefois à l’automédication !

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