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Cancer : près de 15 000 cas pourraient être évités chez les plus défavorisés en France

Des scientifiques ont prouvé que près de 15 000 cas de cancer pourraient être évités tous les ans en France grâce à l’amélioration des conditions de vie et de santé des populations les plus défavorisées.

L’étude a été dévoilée mardi 7 février 2017 dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’agence sanitaire Santé publique France.

Cancer : près de 15 000 cas pourraient être évités chez les plus défavorisés en France ©chojaIstock.com

Une plus grande incidence des cancers de l'estomac, du foie, des lèvres-bouche-pharynx est observée parmi les populations défavorisées dans les deux sexes, de même que les cancers du larynx, de l'œsophage, du pancréas et de la vessie chez les hommes et du cancer du col chez les femmes.

En revanche, le mélanome, les cancers de la prostate, des testicules, des ovaires et du sein sont plus fréquents dans les zones aisées.

L'analyse - la première du genre en France - porte sur l'influence de l'environnement socioéconomique sur l'incidence (nombre de nouveaux cas annuels) de la maladie, qui diffère selon les organes touchés.

Elle a porté sur 189 144 personnes, dont 78 845 femmes, qui ont eu un cancer entre 2006 et 2009 et habitant dans l'un des 16 départements disposant d'un registre des cancers.

L'étude confirme, à partir de données françaises, le sur-risque des cancers des voies respiratoires et digestives hautes pour les populations des milieux défavorisés.

« La détermination sociale de certains facteurs de risque comme la consommation de tabac, les expositions professionnelles ou les polluants atmosphériques explique sans doute une partie importante des différences observées », précise Joséphine Bryère, chercheuse à l'Inserm, et ses collègues.

La part des cas de cancers attribuables à un environnement socioéconomique défavorisé était la plus importante pour les cancers du larynx (30 %), des lèvres-bouche-pharynx (26,6 %), du poumon (19,9 %) et de l'œsophage (16,7 %) chez les hommes, et, chez les femmes, pour les cancers des lèvres-bouche-pharynx (22,7 %), du col de l'utérus (21 %) et de l'estomac (16,4 %).

« La surreprésentation du cancer de la prostate dans les milieux les plus favorisés, et dans une moindre mesure pour le cancer du sein, est sans doute très liée aux pratiques de dépistage plus fréquentes dans ces milieux et, pour la prostate, au sur-diagnostic très important constaté pour ce cancer qui évolue extrêmement lentement », dit le professeur Guy Launoy (Inserm-Caen et réseau national des registres des cancers-Francim), co-auteur de l'étude, à l'AFP.

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